La courte semaine de travail aux Pays-Bas : un idéal à envier ?

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Ce qui étonne quand on vient travailler aux Pays-Bas, c’est que le travail semble ne pas être la priorité des Néerlandais. Une grosse partie des salariés travaille à temps partiel. Et partir à 16h30 pour récupérer ses enfants, même lorsqu’on est cadre, est considéré comme normal. Ici, rester tard au bureau n’est pas signe qu’on est investi dans son travail, comme c’est le cas en France, mais plutôt qu’on ne sait pas gérer son temps de travail. Et rester à temps complet quand on a des enfants, donne plutôt l’image d’être un parent indigne. Mais quelles sont les conséquences de ces courtes semaines de travail ? Doit-on envier les Pays-Bas ?

Les Néerlandais travaillent peu… mais bien

Au mois d'août dernier, le CBS (Central Bureau of Statistics) a publié une étude sur la semaine de travail néerlandaise. Celle-ci a montré que, en Europe, ce sont les Néerlandais qui travaillent le moins. La semaine de travail aux Pays-Bas est très courte. En 2016, les hommes travaillaient en moyenne 36 heures par semaine, et les femmes 26. 40% de la masse salariale travaille à temps partiel. 31% des offres d’emploi postées le sont pour du temps partiel.

Temps partiel, petits boulots

Les Pays-Bas ont un pourcentage élevé de participation salariale, ce qui signifie qu’un gros pourcentage de la population néerlandaise travaille, d’une manière ou d’une autre. Cela peut être des emplois à temps plein, ou bien des étudiants avec un petit boulot dans un bar. 12,8 millions de néerlandais travaillent au moins une partie de la semaine. Cela représente 70% des hommes et près de 60% des femmes. En Europe, seules la Suède, l’Estonie et l’Allemagne ont un pourcentage plus élevé.

Des différence entre les hommes et les femmes

Le CBS souligne les différences entre les hommes et les femmes en ce qui concerne le temps partiel. Alors que les Néerlandais clament volontiers l’égalité des sexes, les chiffres parlent d’eux mêmes : 75% de femmes travaillent moins de 35 heures par semaine, contre 25% d’hommes.

Priorité à la qualité de vie

La courte semaine de travail aux Pays-Bas peut être expliquée par la préférence qu’ont de nombreux Néerlandais pour le travail à temps partiel, qui leur laisse un jour par semaine (ou plus) pour se consacrer à leur famille ou participer à d’autres activités. Mais il ne s’agit en aucun cas d’un signe de fainéantise : ce luxe est durement acquis. Les Néerlandais ont en effet un taux de productivité au travail parmi les plus élevés d'Europe.

Vouloir travailler plus n’est pas possible pour tous

Le CBS souligne également le “potentiel de main d’oeuvre non utilisée” aux Pays-Bas, un terme inventé pour décrire ceux qui souhaiteraient travailler plus mais qui ne le peuvent pas. En 2016, 1,5 million de personnes entraient dans cette catégorie, la majorité ayant entre 15 et 25 ans (soit 25%). A cet égard, la courte semaine de travail néerlandaise et l’inclinaison à travailler à temps partiel peuvent peut-être avoir un impact négatif sur l’économie du pays - ou du moins ne pas lui permettre d’atteindre son plein potentiel. Plusieurs raisons expliquent cette situation. Parfois il n’est pas possible de travailler plus car tous les employés sont à mi-temps. Dans d’autres cas, - et cela concerne surtout les femmes -, ce sont les responsabilités familiales qui en sont la cause.

Quelles conséquences pour le futur ?

Le gouvernement s’inquiète que ce modèle de travail ne soit pas durable sur le long terme, avec l’âge de départ à la retraite qui est passé à 67 ans. Les Pays-Bas cherchent maintenant à trouver une solution à ce problème de potentiel de main d’oeuvre non-utilisée, avant que les conséquences d’une population qui vieillit ne se fassent sentir.